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Chefferie Batié (Aperçu historique)

Fo'o TCHOUANKAM DADA
ACTUEL ROI DE BATIE

Fo'o YOUTA NGANGUEM
13è Chef supérieur

AU COMMENCEMENT ETAIT TATOMDJAP

Tout commence donc avec un chasseur nommé TATOMDJAP venu d’une contrée lointaine qu’on appelle Ham-Ngu (Bagam dans le Bamboutos). Sur place se trouvent déjà quatre chefs.

- FOLOM, grand forgeron à Hiala,

- FOLIAKOU (certaines sources parlent plutôt de FODWONGWI) également à Feuheu (Hiala) Tous se trouvent dans le périmètre de Hiala (quartier de la chefferie actuelle)

C’est FOLOM dont la chefferie se trouvait à l’époque face à la chefferie actuelle (concession de MAFODOM) qui accueille cet étranger qui le fascine par sa puissance. Il l’installera dans l’actuelle concession de MEFUGOUON avec comme grande cour (« Meya ») étant l’endroit appelé aujourd’hui SEMKAN. La place du marché de la chefferie actuelle appartenait à FOLOM.

A la mort de TATOMDJAP, NKENZE-KOUO. Son fils aimé, s’installe dans la concession pendant plusieurs années au point que tout le monde le prend déjà comme le maître des lieux.

Un jour, il convoque les populations. Coup de théâtre : il annonce qu’il n’est pas le véritable successeur et qu'il n’avait été là que pour expédier les affaires courantes en attendant que le vrai successeur TANZE – D’EU (encore jeune quand leur père mourait) puisse atteindre l’âge majeur.

Selon une autre version, KENZE – KOUO à la mort de son père aurait effectivement voulu s’empare du pouvoir. Malheureusement pour lui, la pipe royale de TATOMDJAP qui devait conférer à son détenteur la légitimité de la succession disparut.

KENZE-KOUO régnera durant quelques années sans conviction. Fortement contesté, il sera obligé de démissionner laissant la place à l’ayant – droit TANZE – DEU. C’est alors que la pipe réapparut. C’était le Wala ka (1er Ministre) de TATOMDJAP qui avait caché la pipe par fidélité et respect de la dernière volonté de son maître. C’est pour cela qu’on l’appellera plus tard ZEFANKENG (Détourneur de pipe).

KENZE – KOUO laissera donc la place à l’ayant –droit pour aller s’installer à SEMKAM . Mais voyant que c’était trop proche de la chefferie, il ira successivement à KOUOSEU ( Hiala) KUOKEU ( Famgoum I). Le seul bien qu’il emporta fut le Kuiffo.

On raconte que la concession de SAFOGANG étant trop proche de la sienne, le nouveau venu demanda à ce dernier de changer son entrée car celle-ci était face à la sienne. SAFOGANG refusa.

Quelques temps après. SAFOGANG donne naissance à un monstre ( ni homme, ni femme). Il consulta les oracles qui lui dirent que son refus de changer d’entrée est à l’origine de ce malheur. Il va donc présenter ses excuses à l’offense avec une chèvre et de l’huile. Le monstre mourut.

La famille ZEKAMGUEM actuelle fait partie de la descendance de NKENZE – KOUO.

C’est le KUAZE de NKENZE – KOUO qui, faute de place, émigra et alla créer le village BAPA.

PUIS, VINRENT LES CONQUETES...

Dans la région, la coexistence sera pacifique jusqu’au règne de NGOUOMEDOM successeur de TANZE-DEU et quatrième de la dynastie. Très ambitieux et rusé, il décida de soumettre tous les autres chefs de la région pour régner en seul maître.

C’est d’abord sur FOLOM qu’il va jeter son dévolu.

A l’époque, le vol est interdit et sanctionné par la peine capitale.

Avec l’aide des descendants de NZEBEUDJEU venu de HAM NGU AVEC TATOMDJAP, de NZETEZEU et NZEFANKENG, NGOUOMEDOM va profiter de la nuit pour aller attacher une chèvre dans la concession de FOLOM. Le lendemain, ils accuseront ce dernier de vol de chèvre, et l’enterreront jusqu’au niveau des reins. Ils exigeront par la suite que ce dernier leur donne son bracelet rouge (KWAN PAN) qui est son attribut de chef. Pour avoir la vie sauve, il s’exécutera. On le chassera de sa concession et il ira se réfugier à LAGOU au lieu dit FEMGOU. C’est là que se trouvent aujourd’hui ses descendants mais on peut encore voir de nos jours les restes de pierres que FOLOM utilisait pour ses forges dans la concession de MAFOGANG.

Deuxième victime FOKI. NGOUMEDOM va arrêter le WALA ( ministre de la Cour ) de FOKI et va l’emprisonner chez lui. A l’endroit de l’arrestation, il versera le sang d’une chèvre fraîchement égorgée.

FOKI croyant son WALA assassiné passera au représailles et se vengera de la même manière. Lorsque NGOUOMEDOM réclamera son WALA, FOKI lui répondra ‘’ rends – moi le mien et je te rendrais le tien’’.
A la question de savoir ce qu’il ferait si NGOUOMEDOM lui rendait son WALA, il répondait je te remets mon KWANPAN. Ainsi dit ainsi fait et FOKI perdit son trône.

FOYE , pas très puissant, sera tout simplement brutalisé et contraint de transporter lui-même ses pierres sacrées ( autre attribut de chef) sur lesquelles on fait le cadi ( NGWE ) pour les déposer sous menaces dans la maison des SOUOP ( Maison sacrée où on fait le cadi). IL sera tué et enterré au ‘’ FAMKA’’, c’est pourquoi un FOYE ne peut mettre les pieds au FAMKA) et son successeur sera nommé TADI-SOUOP ( grand prêtre de cette maison).

Le dernier chef FOLIAKOU qui avait essayé de résister outre mesure à la domination de NGOUOMEDOM fut tout simplement rayé de la carte de la région, lui et ses descendants furent entièrement exterminés. De nos jours, certains de leurs crânes traînent encore là – bas.

ZEBEUDJEU qui avait un instant pensé qu’il se partagerait les royaumes conquis avec son maître NGOUOMEDOM s’empara des attributs de FOLIAKOU et se fit appeler ainsi pendant quelque temps.

ZEFANKENG un autre serviteur dont l’ancêtre venu de BABOUANTOU avait été nommé Wala’ka ( premier ministre) s’installera sur les terres de FOLIAKOU à FEUHEU.

Quand aux ambitions de ZEBEUDJEU, elles seront tout simplement découragées par NGOUOMEDOM qui en compensation lui accordera quelques avantages traditionnels par rapport aux autres membres de son entourage, plus tard un des descendants de ce dernier, désigné comme TOUWOUE ( celui qui annonce officiellement la mort du Chef ) ira s’installer comme chef de METCHWETCHA.





Tous ceux qui manifestaient quelques velléités de résistance à NGOUMEDOM seront pourchassés, déportés ou vendus comme esclaves. Certains réussiront à s’enfuir tel ce fils de FOLOM qui se réfugia à Babouantou où on fit de lui de Sous – Chef FOLEM.

A l ‘époque de cet conquête, les sous chefferies CHEPANG et METCHWEFODOM n’existaient pas encore. C’est plus tard que des princes ayant discuté sans succès le trône dans leurs villages respectifs (dans le haut – Nkam ) vinrent s’installer aux endroits actuels avec leurs partisans et grâce à la bienveillance du chef Batié.

UNE HISTOIRE DIGNE D’UN CONTE DE FEE
Le successeur de NGOUOMEDOM, NDJABOUKEM ( 5è de la dynaste) connut une véritable mésaventure. On rencontre que tous ses enfants mourraient, ensorcelés par sa mère MEBOUATHOU.

Un jour, un de ses serviteurs lui dit : je vais te montrer où vont tous tes enfants il transforma le chef DJABOUKEM en mouton borgne et le conduisit au marché au marché de la sorcellerie (SEMSIE). Il y retrouva tous ses enfants décédés. Chacun d’eux venait devant leur grand- mère assise sur un trône et disait : y’a MEBOUACHOU et elle répondait je ne consomme que les cordons ombilicaux de mes petits-fils

Rentré à la chefferie, DJABOUKEM convoqua sa mère, offrit un grand festin en son honneur puis, la fit conduire au SEMKAN où elle fut brûlée vive.

Cet acte ayant soulevé beaucoup de controverses dans le village, DJABOUKEM mourut dans les conditions mystérieuses. De nos jours, les sacrifices le concernant se font au SEMKAM car on ne retrouva jamais sa dépouille mortelle.

On raconte que Fo BEUTCHOUANG ( 7°chefs de la dynastie ) termina son règne étant très vieux au point qu’il ne pouvait plus sortir de la chefferie. Pour arrêter le vol dans son village, on avait décidé dans la maison du Souop que tout cas de vol serait sanctionné par la peine capitale.

Les premiers arrêtés furent YOUSSU et CHEZEU, présumés successeur et adjoint de Fo BEUTCHOUANG. Tentative de coup d’état ou réalité ? en souop pour être exécutés dans la nuit par le Feue (gendarme chargé des exécutions des condamnés à mort.

A l’heure de l’exécution, NZEFANKEG aidé de SEBEUDJEU ira délivrer les prisonniers et les cachera chez lui. Lorsqu’on découvrit l’auteur de cet acte, NZEFANKENG devant la porte de qui avait déposé des remèdes pour le tuer, perça une deuxième porte dans sa case et conduisit ses protégés chez NZENANBEU. Cette deuxième cachette découverte, il les amena à BAHAM chez ZEFOTCHA.

De retour à Batié il fit circuler selon lequel il les avaient vendus comme esclaves. C’est en reconnaissance de cet acte que Fo BEUTCHOUANG décida que désormais ce sera NZEFANKEG qui arrêtera les chefs Batié.
DE L’ESCLAVAGE AU TRONE
A la mort de Fo BEUTCHOUANG, NZEFANKENG ira chercher YOUSSU et CHEZEU avec la corde au cou comme des esclaves pour les installer sur le trône. C’est pourquoi de nos jours, lors des lamentations du chef, on voit tous les princes avec une corde au cou . C’est aussi pourquoi ils commencent le deuil avant d’arriver au Semkan.

Pour également marquer sa connaissance, Fo YOUSSU passa une semaine de plus chez NZEFANKENG après ses 9 semaines de Lakem.

Il combla ses deux bienfaiteurs de cadeaux et décida que désormais pour construire une maison à deux portes à Batié, il faudra d’abord voir ZEBEUDJEU et NZEFANKENG.

Fo YOUSSU sera un très grand chef et un véritable conquérant multipliant expéditions sur expéditions. Sous son règne, Batié élargit ses frontières et devint l’un des plus grands royaumes de la région. C’est pourquoi Batié à été baptisé Teb YOUSSU car c’est sous son règne que Batié connut son apogée. Comme Chefs ayant marqué leur règne d’un sceau indélébile on signale KAMGANG-NGANLE, KAMGANG-NGOUODEM et YOUTA NGANGUEM

KAMGANG-NGOUODEM (12° de la dynastie) fut un vrai sage et pacificateur, beaucoup plus préoccupé à réconcilier les gens entre eux et avec leur histoire qu’à entreprendre de grandes actions. Il fut l’un des chefs qui ne créa pas de Nkem (appelé vulgairement société secrète) disant toujours: " arrangeons d’abord celles qui existent déjà." C’est sous son règne que FOLOM, FOKI ET FOYE retrouveront quelques-uns de leurs attributs tels que le port du chapeau près du chef, la détention du Kuiffo et l’installation du "NIE" dans leurs concessions. Ils pourront désormais se placer à côté du Chef, qui fit d’eux ses plus proches collaborateurs.

C’est sous le règne de son père KAM–BEUTCHOM qu’on put enfin donner un successeur à MABOUATCHOU, mère de DJABOUKEM que l’on brûla vive sue la place du marché SEMKAM Il s’agit de MEFUGOUON.

Son successeur YOUTA NGANGUEM (13° de la dynastie ) fut surnommé «Géomètre illettré de l’Ouest » par les autorités coloniales.

C’est en effet lui, jouant le rôle de géomètre, qui traça le premier parcours du tronçon Bandja-Baham de la route nationale Douala-Bafoussam qui a contribué puissamment au désenclavement de Batié.

DADA Victor mort le 25 février 1989 fût le 14°de la dynastie.

Avec l’avènement de Fo TCHOUANKAM DADA Théodore, actuel Roi de Batié, nous en sommes au 15°de la dynastie de TATONDJAP. qui sont par ordre.
1. TATOMDJAP Messagouon (1665-1685) 8. YOUSSU Mefossu (1820-1834)
2. NKENZE-KOUO Mefeugoung (1685-1695 9. KAMKY Mefodom San Mo (1834-1840)
3. TANZE-DEU (1695-1715) 10. KAMGANG-NGAHALE (1840-1860)
4. NGOUO-MEDOM (1715-1735) 11. KAMGANG MBEUTCHOM (1860-1875)
5. DJABOU-KEM (1735-1750) 12. KAMGANG NGOUODEM (1875-1920
6. YOUAYI Meyouayi (1750-1770 13. YOUTA NGANGUEM (1920-1966)
7. MBEUTCHOUANG Mefobeu (1770-1820) 14. DADA Ngounou Victor. (1966-1989)

Fo'o DADA,14è Chef Supérieur de Batié
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