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Le Fo'o de bamendjou, une légende vivante |
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| Dans l’histoire des fo’o de Bamendjou, la vie de Chedjou II occupe une place particulière. Sa haute stature, son intelligence, les péripéties de sa vie et sa longévité au trône ont fait de lui un personnage à la limite légendaire. Il est l’incarnation de l’esprit des Bamendjou et ce qu’étaient les Nomtchema Bamiléké.
Même en tenue civile, le Nomtchema de Bamendjou s’impose par sa haute stature. Sans qu’on ne le dise, il inspire à tous un respect naturel. En tenue traditionnelle, il devient impérial. Il a toujours aux bouts des doigts, les solutions aux problèmes qu’on lui pose. Il met ses contradicteurs toujours en ballottage. Avec l’âge et les évènements qu’il a vécu, il est devenu un sage, le dictionnaire de la culture traditionnelle des peuples Nguemba. Né en 1918 au palais de Bamendjou, de la reine mère Mafo Mbouda et de Sop Tchinda son père. Sa venue au monde ne fut pas chose facile. Sa mère resta d’abord longtemps sans concevoir au point que le jour où elle déclara qu’elle était enceinte, personne ne la crut. Devenue la risée des autres reines malveillantes, elle faillit être confondue à cause de la durée de sa grossesse qui dura plus d’un an. Le jour de l’accouchement, l’enfant ne vint pas aussitôt. |
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| Le travail dura et on fit promener sa mère d’une concession à l’autre.
Ce n’est que chez Wutbé Nde à Bakang que l’enfant daigna enfin sortir. Le même jour, on abattit une panthère et l’apporta au palais. Le soleil fut cerné par plusieurs arcs-en –ciel et le poignet du bébé entouré d’un bracelet rouge. Ces signes très distinctifs, poussèrent les sages et les barons à faire éloigner l’enfant du palais. On l’envoya avec sa mère chez Defo Tafo’o à Ndang en vue de sa protection et son éducation première jusqu’à l’âge scolaire. Le moment arrivé, on l’inscrivit d’abord à l’école protestante de Djupa. Trop proche du palais, on préféra l’éloigner davantage en l’envoyant à l’école protestante de Djeughouo à Bandjoun où son oncle Fotso Moïse était pasteur. Celui-ci, petit-fils de Fotso ( le Nomtchema le plus puissant des fo’o de Bandjoun), issu de sa fille aînée ( Ngankam) avec Chendjou I ( Nomtchema de Bamendjou) fut le 1er pasteur noir de l’Ouest- Cameroun. Le jeune prince ne mit pas long chez son oncle. IL partit pour Bafoussam d’où on le réinscrivit à l’Ecole Principale, aujourd’hui Ecole Publique Annexe groupe I de Bafoussam.
Après les cérémonies, il le confia à Takam Georges, responsable de la communauté Bamendjou de Yaoundé . Croyant échappé à l’emprise de ce nouveau tuteur, l’enfant prit la fuite en direction de Douala. Après avoir traversé le Wouri sur le bac, il atteignit la grande ville, mais ne sut où dormir. Il passa la nuit à la belle étoile, à la merci de la chaleur et des moustiques. Le matin, au moment où il allait continuer son aventure, Takam Georges l’aperçut et le retint. Il le conduisit chez Chedjou Sylvestre, chef de la Communauté Bamendjou de Douala. Il y passa la nuit, et au moment de l’amener sur Yaoundé, Sokoundjou disparut. Un autre Bamendjou, Defo Michel, en partance pour Yaoundé et chauffeur de camion d’un patron européen le vit et l’appela. Après avoir chargé son camion et au moment de partir, Sokoundjou feignit de lui dire au revoir et sauta derrière le camion et se cacha dans les marchandises. |
Sa Majesté Sokoundjou Rameau jean-philippes Fo'o de Bamendjou
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C’est à la traversée de la Dibamba que le chauffeur l’aperçut de nouveau.
L’aventurier avait peur de se noyer et était descendu du camion. Le chauffeur fut surpris en même temps que son patron de le voir au bord du fleuve.
Defo Michel, pria son patron de le garder à bord jusqu’à Yaoundé. Là, le jeune prince fut diligenté chez Takam Georges, il s’émerveilla de revoir le fugitif. Quelques jours après son tuteur le mit à la mission catholique de Mokolo pour continuer ses études. Un incident survint peu après. Madame Takam accusa le jeune homme d’être pénétré dans la cuisine pour manger le poisson qu’elle venait de préparer pour le repas de midi. Fâché d’être accusé injustement, Sokoundjou Rameau Jean Philippe bondit sur elle et la rossa copieusement. Craignant la colère de son tuteur, il feignait d’aller chercher de l’eau à la pompe et disparut. Il se dirigea à la gare avec 190 francs dans sa poche. Il voulait prendre un billet de train pour Douala où il continuera la route à pied jusqu’à Bamendjou. Hélas ! que ne fut son étonnement d’apprendre que le billet du train coûtait très cher ? Obstiné, il suivit les rails à pieds jusqu’à Mvolyé où la nuit tomba. IL ne sut de quel côté aller. Un jeune séminariste l’accueillir et l’hébergea. Ce jeune séminaire, André Marie MBIDA, devint plus tard le Premier Ministre du Cameroun ( 1957- 1958). Le matin, Sokoundjou Rameau Jean Philippes le remercia et reprit sa route vers Edéa. A mi-chemin, fatigué, découragé et malgré l’hospitalité des bassa, il retroussa chemin jusqu’à la gare d’Akono où il trouva un groupe de jeune avec qui il se mit à jouer. La nuit venue, Meyon François constata que ce jeune homme était un vagabond. Il l’accueillit et le conduisit chez Atangana Simon qui devint son tuteur et l’enfant vécut chez lui de nombreuses années. Toute la famille Bamendjou de Yaoundé le crut perdu pour toujours. Des recherches furent entreprises en vain. C’est vers 1950 qu’il commença à aller à Yaoundé, et le contact s’établit de nouveau avec Jean Kamdoum, ancien serviteur de son père. On lui appris la maladie de celui-ci. Il voulait aller voir son père mais son tuteur lui fit comprendre que le cas n’était pas inquiétant. En 1952, il décida de l’amener à Bamendjou où semble – t-il le cas de maladie de son père était sérieux. Il prit le chemin de Bamendjou avec son tuteur en janvier 1953. Arrivé à Bafoussam, son tuteur fut mis au courant de la mort de son père survenue le 25 décembre 1952. Il décida de l’amener à Bamendjou où semble –t-il le cas de maladie de son père était sérieux. Il prit le chemin de Bamendjou avec son tuteur en janvier 1953. Arrivé à Bafoussam, son tuteur fut mis au courant de la mort de son père survenue le 25 décembre 1952. Il se rendit chez Wutbé Neda s’enquérir de la véracité de la terrible nouvelle. Wutbé Neda fut heureux de savoir qu’il est avec le jeune prince. Il alla mettre le chef de sud – division ( sous-préfet actuel) au courant de l’arrivée de l’enfant perdu.
Comme le hasard fait bien des choses, Sokoundjou Rameau Jean Philippes, fils de Sop Tchindeu et de Mbouda ne pouvait qu’avoir un destin exceptionnel. Son père , prince et Fo’o, petit fils de Fo’o Fotso de Bandjoun, le préparait durement pour la vie des hommes illustres. Tout jeune, il l’éloigna du palais et le laissa à la garde de Defo Tafo’o ( Meuliéfo’o) qui maria sa fille Madefo à Defo Tawekeng, serviteur de Nomtchema. De ce mariage vint Madjoutsing qui à son tour donnera naissance à Magoumkam. Celle-ci épousera fo’o NGAM, ( BAGAM était sous protectorat Bamendjou) dont la fille épousera Sadeu Woumé, serviteur au palais de Bangam. C’est de cette union qu’est issue, Mbouda, la reine- mère. C’est donc elle qui aura l’honneur de donner aux Bamendjou le grand Fo’o Sokoundjou Rameau Jean Philippes. On le voit bien de par ses origines ‘’ père ou mère’’, ce Nomtchema a des souches princières aussi hors de Bamendjou. Le roi est né roi dit – on. Peu importe ses origines. Avant sa prise de pouvoir , Defo Tchinda dit gouverneur ( aujourd ‘hui Wutbé) à l’instar de Wutbé Fondop, Wutbé Ntu, Wutbé Messa, Defo Tafo’o assurait l’intérim. Il est à noter que c’est sous Chedjou II que Bangam recouvrira son indépendance en 1960. Son arrière-grand-père Tédjong ne pouvait en demander plus à son petit rejeton. POLITIQUE Fo’o Chedjou II s’intéressa très tôt à la chose politique. Ses hautes fonctions l’y contraignirent, surtout qu’il succéda à son père à une époque cruciale de la vie nationale du Cameroun. Les nationalistes voulaient l’indépendance du Cameroun et s’intéressaient à ceux qui pouvaient leur être utile d’une manière ou d’une autre. C’est ainsi que le jeune Fo’o se verra solliciter par des nationalistes comme Soppo Priso, Ahmadou Ahidjo, Louis Paul Aujoulat, Bébé Eyidi, Félix Rolant Moumie dès 1955. Il fut parmi les premiers Camerounais à déposer une pétition pour les revendications de l’indépendance du Cameroun auprès de la commission de l’ONU en octobre 1955, au centre climatique de Dschang. Sa pétition fut déposée en main propre au président de la commission, un noir américain. En 1956, il prend une part active à la campagne électorale avec Tchomba Ngouankeu Isaac pour les élections des députés à l’assemblée Nationale Française.
Ses prises de position en faveur des nationalistes ne plurent pas au pouvoir colonial et en 1957, il fut assigné en résidence dans son palais à Bamendjou.
Chedjou II ne reverra son Lah dévasté qu’en 1960 grâce à l’amnistie générale décrétée par le gouvernement de l’époque. Une fois sorties des prisons coloniales, il devait se heurter à une autre grande difficulté : ramener la paix chez lui. Ce n’était pas chose facile. Plusieurs fois, sa tête fut mise à prix à la fois par les maquisards restés en brousse et les autorités de l’époque qui le croyaient de connivence avec ses derniers. Heureusement, il sut, et grâce à Dieu, déjouer tous les plans machiavéliques. Il réussit grâce à l’autodéfense et à l’appui de la jeune armée camerounaise à mettre fin aux désordres régnant de l’époque. En 1963, il devint le troisième adjoint au maire de la commune rurale de Bamendjou. A cause des manœuvres politiques de l’époque, il démissionna et se retira de toute compétition politique. Il le fit à cause du fait du parti unique.
ECONOMIE Commencé sous Chedjou 1er, le développement économique de Bamendjou va connaître un grand essor sous Fo’o Chedjou II. Dès son intronisation, il adopte un esprit d’ouverture en encourageant l’élite commerçante en accordant des titres de noblesse aux plus méritants. Il ouvrit lui – même des boutiques à Nkongsamba et à Douala ( 1956). A cause de ses charges, il ne peut les contrôler à distance et les ferma pour se tourner vers l’agriculture. Il prit lui-même la houe et la machette et mis en valeur les plantations jadis abandonnées par son père. La culture de la canne à sucre, de la banane – plantain et surtout le café arabica connaîtront un développement prodigieux. Chedjou II en quelques années va devenir un des plus grands planteurs de l’ouest. IL va parallèlement à ses activités agricoles, ouvrir des boutiques à Bamendjou et à Bafoussam. Il sera même sollicité par des planteurs de la région au poste de président de leur coopérative des planteurs de Café Arabica et administrateur de l’UCCAO, membre de la chambre d’agriculture du Cameroun. Ses notables, grâce à ses conseils, plusieurs fois réitérés, prendront eux –aussi le chemin des champs et des affaires, petit à petit, Bamendjou comparativement à des villages de même taille ou de taille plus grande, va prendre le pas sur eux. Cela va se ressentir sur le plan de l’habitat et des transports. La route Bafoussam – Bamendjou sera parmi les routes départementales les plus fréquentées de l’Ouest. Avant la récession économique, FO’O Mudjou avait crée lui-même sa propre coopérative COOPAGRIBAM afin d’aider ses populations et celles des Lah environnants à mieux s’organiser et à trouver sur place des structures de vente mieux appréciées. A moins d’être de mauvaise foi, tout Bamendjou ne peut nier le rôle de ce Natchema sur le développement de Ngouong Mudjou. BIOGRAPHIE
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